Les femmes rurales sont confrontées à une répartition inégale des tâches en fonction du sexe, ce qui les surcharge, tandis qu’un contrôle patriarcal strict génère parfois des situations de violence. Cette réalité, combinée à l’instabilité des revenus issus de l’agriculture, pousse de nombreuses femmes, en particulier les jeunes, à chercher du travail en ville, même si cela ne leur offre que des emplois précaires.
Le Vale do Ribeira, un territoire habité par des communautés traditionnelles afro-descendantes quilombolas et indigènes, représente la plus grande zone continue de la Forêt Atlantique. Cette région revêt une importance stratégique pour l’équilibre environnemental de l’État de São Paulo et de l’ensemble du sud du Brésil. Malheureusement, cet équilibre est aujourd’hui menacé par le développement des industries extractives (mines) et de l’agro-industrie.
Pour remédier à cette situation, le projet Agroécologie et féminisme dans le Vale do Ribeira s’efforce de promouvoir et de développer l’agroécologie pratiquée par les femmes comme une alternative viable qui conjugue le bien-être économique, la justice sociale et environnementale. En même temps, il renforce le rôle du Réseau agroécologique des agricultrices – RAMA en tant qu’outil de lutte contre les inégalités de genre et de race en ce qui concerne l’accès à la terre, les revenus, la participation sociale et la violence. De plus, il consolide les alliances de RAMA avec des réseaux et des mouvements engagés dans la consommation responsable et solidaire, l’agroécologie, le féminisme et l’environnement, contribuant ainsi à la résistance face aux offensives conservatrices et néolibérales.
Vie en mutirāo
Le film documente le travail collectif du Rede Agroecológica de Mulheres Agricultoras da Barra do Turvo (RAMA, Réseau agroécologique des femmes agricultrices de Barra do Turvo) et du Rede Esparrama (réseau de groupes de consommation militante soutenant le RAMA), actifs dans la vallée du Ribeira et dans la Région métropolitaine de São Paulo. Au cours de ces mutirões, le travail collectif s’entremêle à un échange de savoirs, donnant ainsi corps aux principes politiques de l’agroécologie. Le mutirão est féministe en ce qu’il est organisé par des femmes qui décident elles-mêmes de ce qu’elles souhaitent produire, ainsi que du lieu et des modalités de cette production ; il intègre également les tâches domestiques et les activités de soin, tout en renforçant les liens communautaires. Sorti en 2023, le film a depuis été présenté dans des établissements scolaires et lors d’événements publics, où les spectateurs témoignent d’un sentiment de reconnexion à la nature, aux savoir-faire artisanaux et à des rapports de travail fondés sur la solidarité.
L’économie féministe : apprenons avec les agricultrices
Dans cette vidéo parue en 2020, des femmes agricultrices et quilombolas de Barra do Turvo, dans la région du Vale do Ribeira, à l’intérieur de l’État de São Paulo, présentent ce qu’est l’économie féministe. Conçue à la fois comme une pratique quotidienne et un projet politique global, l’économie féministe articule le travail agricole, l’agroécologie, l’organisation communautaire, la souveraineté alimentaire et la reproduction de la vie. Les agricultrices témoignent des transformations profondes que l’organisation collective a engendrées dans leur vie, depuis la prise de confiance individuelle — comme en témoigne Aparecida dos Santos, qui affirme avoir appris à s’exprimer et à sortir de son isolement — jusqu’à la construction d’un sujet collectif.









