Nous tenons à remercier chaleureusement tous les membres d’Espace Femmes International ainsi que l’ensemble de nos partenaires qui ont répondu présent à notre Assemblée générale du 20 mai 2026. Votre présence a créé une atmosphère riche de mobilisation, de confiance et de solidarité qui nous a profondément touchées. C’est grâce à votre engagement continu que nous continuons à avancer dans nos missions pour l’égalité des genres, la justice climatique et l’élimination des violences basées sur le genre dans les régions où nous sommes actives.
Bilan des activités 2025
L’année 2025 a été marquée par une mobilisation remarquable de la part de nos équipes, de nos bénévoles (plus de 500 heures offertes) et de nos partenaires de terrain. En Amérique latine et dans les Caraïbes, où l’inégalité demeure la plus extrême au monde, EFI a soutenu cinq projets transformateurs :
Au Brésil, les agricultrices du réseau agroécologique des femmes quilombolas (RAMA) de Sempre Viva Organizaçao Feminista ont formalisé leur organisation tout en élaborant des propositions alternatives aux projets miniers et aux pratiques contraires à leurs droits territoriaux.
Au Pérou, le Réseau National de Promotion des Femmes a renforcé les compétences politiques et économiques de plus de 1 900 personnes paysannes et autochtones dans sept régions, tandis que Flora Tristán a mobilisé 170 femmes amazoniennes et andines pour élaborer un argumentaire environnemental en vue de la COP30. Le Centre d’études et de promotion du développement (DESCO) a accompagné 400 leaderesses féministes et LGBTQI+ à travers quatre ateliers territoriaux visant l’analyse des violences et la lutte contre la corruption.
En Colombie, notre nouveau partenaire Parcomun a lancé sa première année de travail en Catatumbo avec une équipe dynamique et des stratégies ancrées dans l’expertise artistique. Ces résultats témoignent de notre engagement à faire progresser les droits des femmes et des personnes LGBTQI+ dans les contextes de crise climatique, d’inégalités extrêmes et de violence
Perspectives 2026
En 2026, EFI poursuivra son travail auprès de ces partenaires fondamentaux, tout en accueillant de nouveaux projets issus des appels à financement. Le soutien renouvelé de la Fédération Genevoise de Coopération (FGC) et l’engagement de la Ville de Genève et du Canton, obtenus notamment lors de la Journée annuelle des bailleurs prévue pour septembre 2025, nous permettent de poursuivre notre mission malgré les réductions budgétaires fédérales affectant la coopération au développement.
Notre site web (www.esfemint.ch), dont la maintenance est possible grâce à un appui du fonds social de la Ville de Carouge, continue à valoriser nos ressources multimédias et notre documentation. Nous confirmons également notre engagement à assurer la diffusion des films fondateurs de Carole Roussopoulos (archives précieuses du féminisme ) ainsi que de documentaires régionaux témoignant des luttes des femmes en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Face à la montée du suprémacisme masculiniste
Le moment fort de notre Assemblée générale a été le débat thématique intitulé « Face à la montée du suprémacisme masculiniste : comprendre les enjeux, mobiliser les ressources ». Nous avons eu l’honneur de recevoir deux expertes qui ont enrichi notre réflexion collective :
Émilie Flamand, Directrice du Bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences (BPEV)

Émilie Flamand a présenté les résultats inédits de l’enquête Iceberg, première enquête de prévalence en Suisse à mesurer l’ampleur des violences sexistes, sexuelles, LGBTIQ+phobes et domestiques à l’échelle d’une population entière. Réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 4 291 personnes (taux de réponse 42,7%), l’enquête révèle des chiffres alarmants :
• 36 % des femmes affirment avoir subi des violences sexistes et sexuelles sur le lieu de travail
• 77 % des femmes ont subi des violences dans l’espace public
• 44 % des personnes LGB (lesbiennes, gays, bisexuelles) ont subi des violences de genre au travail
• 85 % des personnes LGB ont subi des violences dans l’espace public
Comme son nom l’indique, l’enquête Iceberg révèle la face cachée des violences de genre : leur impact sur la santé et la vie sociale des victimes, mais aussi le non-recours aux aides existantes, un enjeu central pour les organisations féministes. Face à la normalisation des violences et à la remise en question des droits fondamentaux, ces données le rappellent avec force : il y a urgence à agir
Noemí Blazquez Benito, fondatrice de l’entreprise féministe Violette à lunettes
Noemí Blazquez Benito a dressé un bilan historique de la lutte féministe et des avancées obtenues depuis les années 1970. Son intervention a rappelé que malgré des décennies de mobilisation, les problématiques d’égalité des genres persistent à tous les niveaux, du foyer aux institutions, des espaces de travail à la sphère politique. Elle a mis en avant la nécessité de repenser nos stratégies face à une montée coordonnée du suprémacisme masculiniste, qui menace non seulement les droits des femmes mais aussi ceux des personnes LGBTQI+. Son message a rappelé que les conquêtes sociales ne sont jamais acquises et exigent une vigilance constante.
Notre engagement pour 2026 et au-delà
Ces deux interventions ont souligné un enjeu partagé par EFI : dans un contexte où les politiques conservatrices gagnent du terrain et où les budgets sociaux sont réduits, les organisations féministes et de solidarité internationale doivent renforcer leurs alliances, amplifier leurs voix et documenter les réalités des femmes et des minorités de genre du Sud global. C’est dans cet esprit que nous poursuivrons nos travaux en 2026 et au-delà, convaincues que l’égalité des genres est inséparable de la justice climatique et des droits humains.




